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Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai  toujours été attiré par le role anthropologique  de la photographie. Sans doute une enfance avec les BD de la “ligne claire” qui faisaient déjà voyager beaucoup les jeunes lecteurs  , que ce soit Spirou, Tintin, Alix ou Blake et Mortimer ? Ou les photos de mon père du grand Erg saharien, quand il le traversait avec Roger Frison Roche ? Et je suis devenu photographe, et du coup suis devenu de plus en plus passionné par le role de l’image et ce qu’elle permet de dire. Et les gros coups de cœur sont la plupart du temps  des auteurs “amateurs” mais qui sont anthropologues de métier, ou explorateurs : par exemple j’aime particulièrement les photos de Claude Levi-Strauss dans le livre de ses photos noir et blanc “Saudades do Brasil” : on y voit la vie courante des tribus indiennes dans la jungle, et elles ont une tendresse et une sensualité qui me parlent encore plus que tous les textes savants  !
Pareil avec les photos des Touaregs de Edmond Bernus, ami et maitre rencontré grace à  Yveline Poncet la géographe :  j’ ai participé  au choix des images de son livre  “Eguereou”, et cet “amateur professionnel”  faisait des images aussi fortes que celles des photographes “connus”. Pareil avec Wilfred Thesiger, le héros du photographe australien Max Pam : quand il faisait ses extraordinaires voyages dans les déserts d’Arabie : on est avec lui, on sent la  chaleur, la soif, la lenteur du temps, la vie des nomades : en fait, quand une photo parle “vraie”, elle est forte , et cela n’ a pas d’ importance qu’elle soit “bonne” ou pas !
Sans  tous ces témoignages, nous ne saurions  que peu de choses des vies  des gens de tous ces pays qu’ils ont rencontré et dont ils nous parlent. La curiosité du monde est une des  clés de la photographie.
Aurélien Fontanet est dans cette grande tradition, photographiant “bien”, mais comprenant clairement le role essentiel que ses photographies peuvent avoir en plus : aider les gens qu’il  photographie, participer à aider aussi à faire connaitre leurs causes et leurs  drames : il voyage chez les Xikrin  dans la jungle Amazonienne, et en plus de ses  photos, il nous parle de ce  que ceux- ci vivent à l’ heure des dangers de la “civilisation” (!), dans leur cas  les problèmes de santé terribles  dus à des mines  qui leur rongent les bronches. Et l’ œuvre de Pierre de Vallombreuse également, vivant dans la jungle des Philippines, témoigne de la vie des hommes.
La photographie en fait est par essence une cause humanitaire : photographier et voir, c’est comprendre et participer au monde.
Bernard Plossu, mai  2019.
Tratto da “L’oeil de la photographie”.
Mali 1990 (5)Bernard Plossu “Le Mali”, 1990.
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Cividale

Culodritto, che vai via sicura, trasformando dal vivo cromosomi corsari
di longobardi, di celti e romani dell’antica pianura, di montanari…

Francesco Guccini “Culodritto”, 1987.

brion 07Ipogeo celtico, VI d.c., Cividale del Friuli.

 

Musée Granet (3)

Constantin Granet, Loubon, Grésy, Guigou, Cézanne, Picasso, Masson, Tal Coat, Plossu : jamais dans ses rêves les plus fous Bernard Plossu n’aurait pu songer à une telle affiche ! Et pourtant, elle est réelle depuis ce matin : c’est celle du Musée Granet à Aix- en-Provence. Elle est présentée ainsi.

En 1989, le 28 août, un incendie détruit toute la face sud de Sainte-Victoire ainsi que la partie supérieure de la face nord jusqu’au Prieuré et à la Croix de Provence. Le feu anéantit 5000 hectares, soit près de 60% du site. C’est un choc, qui se transforme par la suite en une véritable prise de conscience à l’origine de la création du Grand Site Sainte-Victoire qui a pour mission de prévenir, entretenir, équiper et aménager le massif.

L’été suivante, en 1990, le musée Granet organise une exposition bénéficiant de chefs- d’œuvre cézanniens prêtés par les plus grands musées du monde : le musée d’Orsay, le Métropolitain, the Museum of Modern Art de New York, le musée Picasso – Paris, The Kimbell Art Museum de Fort Worth, the Museum of Fine Art de San Francisco, the National Gallery de Washington, the Museum of Art de Cleveland, la National Gallery d’Edimbourg, le Kunstmuseum de Bâle.

En 2019, 30 années après l’incendie, la nature a définitivement repris ses droits. En commémoration de ce drame et pour marquer sa réparation, le musée Granet souhaite évoquer ce site emblématique sublimé par les grands artistes du XIXe au XXIe siècle.

Au centre de cette évocation figure Paul Cézanne avec plusieurs de ses vues de la montagne Sainte-Victoire. Parmi celles-ci, figure l’exceptionnelle Sainte-Victoire de l’ancienne collection Gurlitt, aujourd’hui propriété du Kunstmuseum de Berne en Suisse dont Aix a obtenu le dépôt exceptionnel.

Outre des œuvres du maître d’Aix et selon un développement chronologique, cet

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événement donne également à voir comment Constantin, Granet, Loubon, Grésy, Guigou, mais aussi Picasso, Masson, Tal Coat et Plossu ont été inspirés par cette montagne emblématique et ce motif hors-norme.

Commissariat : Bruno Ely, conservateur en chef et directeur du musée Granet

Les photos de Bernard Plossu sont un florilège de ses œuvres réalisées au gré de ses balades sur la Sainte-Victoire.

Bernard Plossu – Sainte(s)-Victoire(s)

Du 18 mai 2019 au 29 septembre 2019 Musée Granet
Place Saint Jean de Malte
13100 Aix-en-Provence

http://www.museegranet-aixenprovence.fr

Tratto da “L’oeil de la photographie”

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